Viticulture: entre biodiversité et climat

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Bruno Vic (dr)Par Bruno Vic, président fondateur de Labels et Territoires.

Comme toute activité humaine, la viticulture et l’oenologie sont à l’origine d’impacts pour l’environnement. Désormais la législation, les outils financiers de ce secteur s’étendent à l’ensemble des techniques de la filière : effluents de cave, pollution des
milieux aquatiques, gestion des déchets, impact sur l’effet de serre, sécurité, santé, qualité de l’air et biodiversité.
Dans le domaine de la biodiversité, plusieurs initiatives coexistent. En Afrique du Sud, la BWI ( Biodiversity and Wine Initiative) est une organisation dont le but est de minimiser la menace des espèces endémiques et de contribuer à la viticulture durable. BWI est elle même liée à l’ONG Internationale WWF (World Wildlife Fund).

La biodiversité sert à mieux gérer les désastres environnementaux et écologiques, tels que les inondations, la sécheresse, l’érosion et les incendies. Au Chili, le label Vineyard est axé sur les ressources naturelles, l’irrigation, le traitement des maladies, la protection et la nutrition du sol , ainsi que la biodiversité. En France, la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) est apparu suite au Grenelle de l’environnement (21 juin 2011). Ce référentiel comporte des obligations de
moyens autour de quatre thématiques : biodiversité, utilisation de produits phytosanitaires, fertilisation et gestion de l’eau.

L’ADEME et l’AFNOR ont été mandatées par les Pouvoirs Publics pour élaborer un référentiel de bonnes pratiques « visant à guider l’affichage des informations environnementales sur les produits ». Cet affichage est établi par une méthode multicritère d’évaluation environnementale : l’Analyse de Cycle de Vie (ACV). La base d’une analyse de cycle de vie (ACV) des vins est simplifiée à un nombre restreint d’indicateurs : effet de serre, qualité de l’eau, consommation d’eau et biodiversité.

On s’aperçoit que l’indicateur biodiversité est de plus en plus cité quelque soit le pays. Il s’agit d’un indicateur pertinent pour le monde viticole. Cependant, notre planète entre dans une nouvelle ère. Elle se réchauffe et le doute ne semble plus permis : les activités humaines en sont en grande partie responsables. Les changements de concentration en CO2 de l’atmosphère, les modifications des températures et celles des précipitations touchent l’environnement de la vigne.

Dans le sud de l’Espagne la vigne et les oliviers sont les seuls remparts à la désertification. Mais il ne faut pas oublier que si les changements climatiques ont un impact certain sur la biodiversité et les milieux qui lui sont associés, l’inverse est également vrai. Les changements de la diversité biologique à l’échelle des écosystèmes et des paysages
devraient à leur tour influer sur le climat local et mondial en modifiant l’absorption et l’émission des gaz à effet de serre.

La diversité biologique peut donc réduire les conséquences des changements climatiques. La biodiversité peut grâce à la viticulture atténuer par endroit la croissance de la quantité de CO2 dans l’atmosphère par la création de puits de carbone.

Ce peut être par la plantation de haies d’arbres comme l’a initié la fédération Héraultaise des IGP (Indication Géographique Protégé).
Nous devons accentuer ces démarches tout en sachant qu’une politique de ce type a nécessairement une dimension territoriale forte , et doit se raisonner selon les enjeux environnementaux et territoriaux locaux.

Bruno VIC

 

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