Pas de bonne modélisation climatique sans incertitude

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La lettre de l'Ademe n°13. Photo: PHB/CoopeticEn quoi les modèles élaborés par des scientifiques seraient-ils à même de favoriser l’émergence de solutions pour la qualité de l’air et la maîtrise des changements climatiques ? Dans la dernière lettre de l’Ademe (1), parue le 14 décembre, le directeur du service Copernicus de surveillance de l’atmosphère, Vincent-Henri Peuch, a cette réponse amusante autant qu’édifiante en citant le statisticien George Box (1919-2013) : « Tous les modèles sont faux mais certains sont utiles ». En ajoutant non sans une pointe d’humour : « Et cela est vrai ».

A vrai dire, au moins dans le domaine atmosphérique et climatique, plus on s’éloigne de la presse grand public plus les propos se nuancent et les raccourcis trompeurs se font rares. Ainsi, à propos des modèles, ce « super-pion » de l’atmosphère affecté au « Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme » précise que « les modèles ont certes des déficiences, mais nuance-t-il justement, « ils permettent de comparer des hypothèses et, ensuite, d’estimer quel ensemble de mesures aura le meilleur impact sur les évolutions anticipées ».

N’est-ce pas rassurant d’apprendre au passage que c’est la tant critiquée Commission européenne qui est le commanditaire du service Copernicus de de surveillance de l’atmosphère (CAMS)? Cette organisation, nous est-il expliqué, recueille des observations faites à partir de satellites, avions ou bateaux, puis « les combine à l’aide de modèles numériques ». Les informations ainsi obtenues avec leur part d’incertitudes, permettent, peut-on lire à titre d’exemple, « à des industriels du secteur solaire » de déterminer la pertinence d’installation d’une « usine de production d’énergie solaire à un endroit donné ».

Dans cette dernière lettre de l’Ademe, les propos de Vincent-Henri Peuch se trouvent croisés avec ceux de Nathalie Poisson dont l’intitulé de sa fonction en dit aussi long sur la forme de son activité que sur le fond puisqu’elle est « Correspondante recherche au service évaluation de la qualité de l’air, responsable de recherche CORTEA (2) et Primequal (3) à l’Ademe ».  Elle nous indique que l’Ademe dans ses œuvres, lie les enjeux climatiques et de pollution de l’air, ce que confirme un peu plus haut son voisin d’interview qui nous explique que paradoxalement, des « mesures favorables à l’atténuation du changement climatique » ne contribuent pas forcément à l’amélioration de la qualité de l’air. Ainsi, détaille-t-il, « si pour limiter le émissions de gaz à effet de serre le législateur met en place une réglementation qui ne concerne que la réduction des émissions de CO2 », cela peut incidemment conduire à une augmentation des taux d’autres polluants. D’où l’idée de bien mêler les deux problématiques pour obtenir selon Nathalie Poisson, du « gagnant-gagnant ». Et avec cette dose d’incertitude sans laquelle, on le sait bien, la vie n’aurait plus aucun goût.

PHB

La dernière lettre de l'Ademe. Photo: PHB/Coopetic

La dernière lettre de l’Ademe. Photo: PHB/Coopetic

Télécharger la dernière lettre de l’Ademe

(1) Ademe: Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie

(2) Cortea : Le programme Connaissances, réduction à la source et traitement des émissions dans l’air

(3) Primequal : Programme de recherche interorganisme pour une meilleure qualité de l’air

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