La foi du charbonnier vacille

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Minerai fossile stylisé. Photo: PHB/CoopeticVoilà une autre inflexion de la courbe annoncée comme certaine. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé vendredi depuis Singapour, que la consommation de charbon dans le monde allait enfin se rétracter. Utilisé depuis au moins une dizaine de siècles, la combustion de cette matière fossile est à l’origine de près de la moitié des émissions de CO2, bien avant le pétrole.

A cela deux raisons essentielles que détaille l’agence sur son site. D’une part parce que la Chine, de loin le plus gros consommateur mondial (50% des parts) voit ses villes suffoquer avec les multiplications des épisodes de pollution  de haute intensité et, d’autre part, en raison du train de mesures qui ne manqueront pas d’être prises dans la foulée des promesses de la Cop21. La limitation de la hausse des températures terrestres d’ici à quelques décades est en effet notamment corrélée à une vigoureuse abstention de l’utilisation du charbon, que ce soit de la part des Etats ou des entreprises.

L’AIE indique qu’il ne devrait pas se consommer plus de 5,8 milliards de tonnes d’ici 2020 soit une baisse d’environ 10% par rapport aux estimations précédentes. La croissance mondiale dans ce domaine a été stoppée en 2014 et incidemment, la part du charbon dans la production d’électricité devrait passer de 41 à 37%.

Il reste que le charbon est une énergie encore très subventionnée. Selon des chiffres de la Commission européenne réunis dans le hors-série de L’Humanité consacré à la « révolution climatique », le charbon, parmi les Etats membres de l’Union européenne, concentrait encore quelque dix milliards d’euros d’aides soit la troisième place après le solaire et l’éolien et devant la biomasse ou le nucléaire.

De fait la menace charbonnière sur le climat semblerait s’éloigner ou du moins promise en voie d’atténuation. C’est donc en premier chef la Chine qui se décide enfin à prendre le problème à bras-le-corps, non seulement en investissant dans des centrales moins polluantes mais aussi en misant sur les énergies de substitution comme le solaire, le photovoltaïque, l’hydroélectrique ou le nucléaire. L’AIE note que la consommation chinoise baisse et que la tendance devrait s’accélérer.

Seconde ressource énergétique de la planète Terre, le charbon est encore très utilisé aux Etats-Unis et en Inde mais ces deux pays, avec respectivement 12 et 9% de la consommation, pèsent dans ce domaine peu de choses en regard de l’écrasant appétit chinois. Lors de la Cop21, la Chine a précisé son intention de diminuer de 60% d’ici à 2020 ses émissions polluantes dues à ses centrales à charbon en les modernisant. Mais le pic de ses émissions globales de CO2 n’interviendrait pas avant 2030 ce qui nous laisse le temps d’étouffer.

Minerai stylisé. Réalisation: PHB/Coopetic

Minerai stylisé. Réalisation: PHB/Coopetic

Le site Wikipédia raconte que c’est le voyageur Marco Polo (1254/1324) qui mentionnera dans ses récits l’utilisation par les Chinois d’insolites pierres noires pour se chauffer et faire la cuisine. Cela n’était qu’un début… Les réserves mondiales de charbon établies représentent 110 à 120 années de production au rythme de consommation actuel. Il serait bien qu’à l’instar du pétrole, elles finissent à terme par retrouver le repos éternel en sous-sol.

PHB

 

Le rapport de l’AIEA

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