De la théorie écologique à la pratique, l’expo éclairante de la Mairie de Paris

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aspect de l'exposition "Empreintes" à l'Hôtel de Ville. Photo: PHB/CoopeticL’intérêt de l’exposition « Empreinte » à l’Hôtel de ville, l’emporte finalement sur un militantisme intégré très supportable. Elle présente des initiatives écologiques prises un peu partout dans le monde, dans des endroits aussi divers qu’Abu Dhabi aux Emirats, que le Bhoutan, l’archipel du Cap Vert, les Pays-Bas ou le département de la Drôme. Elle dessine un monde possible, respectueux de l’environnement, plus respirable enfin, dont on pourrait s’inspirer pour les générations à venir.

Cela va d’aménagements urbanistiques tout à fait extraordinaires qui font de la ville écologique de Masdar un modèle de conception écologique financé par les pétrodollars des Emirats, aux moyens beaucoup plus modestes mis en œuvre au Cap-Vert pour offrir aux autochtones de l’électricité propre et permanente. Ce dernier exemple est lumineux en raison de l’absence de moyens dont dispose ce pays, classé 190ième pour sa richesse nationale. Les photos nous racontent comment de quatre à cinq heures d’électricité par jour avec un générateur au fioul, certains habitants jouissent désormais d’un courant permanent grâce à l’énergie tirée du vent et du soleil, il est vrai très abondant là-bas. Une disponibilité qui change tout sans compter ses vertus hautement pédagogiques. Parti de 2% d’énergies renouvelables en 2009, ce chapelet d’îles au large du Sénégal en est à 25% avec objectif de 100% à l’horizon 2020.

Du fait de typologies géographiques très différentes on ne peut pas toujours copier-coller les expériences d’un pays à l’autre. Via cette scénographie très bien faite, on observera comment deux pays également touchés par la déforestation tentent d’inverser une tendance mortifère pour l’homme mais aussi pour la faune et la flore. En Indonésie, les habitants de l’île Sulawesi ont découvert que l’on pouvait profiter de la jungle sans forcément raser les arbres, grâce au palmier à sucre dont ils font actuellement la base d’un nouveau développement économique. Au Burkina Faso, pays touché par une désertification catastrophique, des initiatives agro-écologiques ont vu le jour et les zones sinistrées renaissent petit à petit par l’entremise de paysans directement concernés par les enjeux. Plus qu’un laboratoire, ce sont là-bas 300.000 hectares de terres (trente fois la surface de Paris) devenues infertiles qui ont été reconquises.

Plus près de nous, aux Pays-Bas, dans la Drôme et même en Ile-de-France, l’exposition « Empreintes » nous rapprochent de communautés très diverses qui passent à l’échelle de leur quartier, de leur village ou de leur ville, de la théorie à la pratique. Aménagé de 1994 à 2009, l’éco quartier Eva Lanxmeer aux Pays-Bas, dans la ville de Culembourg, est un espace écologique intégré, voulu, promu et défendu par ses habitants. Les photographies nous le présentent sous un jour idéal, communautaire, exemplaire en matière de gestion de l’eau, des transports « doux » et plus globalement de la maîtrise de l’énergie. La nature y est insérée autant qu’il est possible.

Dans cette idée et au sortir de l’exposition, on jettera justement un œil aux grilles qui longent la mairie rue de Rivoli où sont accrochées des représentations utopiques de ce que pourraient devenir les villes, avec notamment une vue de l’avenue des Champs Elysées qui aurait été revisitée par Le Nôtre. Une vision qui interroge nos consciences. Si l’on pense à « l’enfer automobile » qu’il est politiquement correct de brocarder de nos jours, il ne faudrait pas en effet y substituer une végétalisation obligatoire, un gazonnage panique, un ensemencement excessif de nos cités qui feraient de nous à terme des obligés d’un nouveau genre.

PHB

Exposition gratuite, jusqu’au 8 janvier, réalisée avec le concours du collectif Argos

Aspect de l'exposition "Empreintes". Photo: PHB/Coopetic

Aspect de l’exposition « Empreintes ». Photo: PHB/Coopetic

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