La banane ou la pomme

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Fruits importés. Photo: PHB/CoopeticEn ces temps de résolutions destinées à préserver l’atmosphère, on ne peut que rester rêveurs devant les étals de fruits et légumes venus d’ailleurs. Barrés d’une mention par avion, les fruits exotiques qui nous tentaient autrefois nous font culpabiliser, lourds qu’ils sont devenus de sous-entendus carbonés. « Par avion » signifie qu’ils ont mûri au bon soleil des tropiques et rien que cette évocation nous fait saliver. Le goût juteux de la banane affole déjà nos papilles surtout si l’on n’a pas les moyens de s’offrir un aller-retour Paris-Rio. La saveur incomparable du fruit naturellement épanoui dans son pays d’origine est incomparable mais il s’y mêle désormais l’amertume de l’interdit.

Selon les chiffres de la Chambre syndicale des importateurs français de légumes frais (CSIF), la demande spécifique reste forte quoique les chiffres comparatifs pour 2011 et 2012 démontrent une légère baisse sur le marché européen. Sur ces deux exercices, l’Europe a produit respectivement 36,7 et 32,5 millions de tonnes de fruits et légumes et en en a importé dans le même temps 11 et 10,7 millions de tonnes. Les importations se seraient toutefois reprises de 5% en 2013.

C’est la banane qui s’importe le plus massivement avec pas loin de 50% du trafic tandis que pour les légumes, c’est la tomate qui domine soit près d’un tiers des importations. En France selon la CISE, 46% des fruits et légumes proviennent de l’importation ou de l’introduction (soit un autre pays de l’Union européenne) et sur ces 46%, 36% ne peuvent être produits en France. A noter que concernant la banane, il faut évidemment faire la part du fruit importé par bateau dont le mûrissage au gaz ne favorise pas vraiment le goût d’origine et celle qui vient par avion donnant la très favorable impression au consommateur de la déguster sur place.

Les entreprises françaises adhérentes de la chambre syndicale des importateurs revendiquent une démarche éthique en « participant à la vie locale » et en favorisant le transport par bateau. Ce sont de toutes petites sociétés qui emploient en moyenne 35 personnes (2000 au total pour les emplois directs) pour un chiffre d’affaires global de un milliard d’euros.

Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) le transport en avion d’une banane de Colombie consomme 20 fois plus d’énergie et émet 50 fois plus de gaz à effet de serre (GES) que le transport par bateau, soit un constat dur et sans appel. Tout le problème est qu’elle aussi 50 fois meilleure qu’une banane issue d’une maturation artificielle au gaz azéthyl et arrivée par la mer. Si l’on ne veut pas trancher le dilemme, il restera toujours la pomme…

PHB

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