Mortelles poubelles

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Centrale nucléaire de  Nogent. Photo: PHB/CoopeticDans le domaine radioactif, la gestion des déchets a tout d’une patate chaude que les ingénieurs se repassent de génération en génération. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) a publié en début de semaine une perspective financière de gestion sur 100 ans. La France produit environ 2,5 kilogrammes par an et par habitant de déchets radioactifs par an liés à la production d’électricité (contre 360 kilogrammes pour les déchets ménagers). 60% proviennent de l’énergie électronucléaire, 27% pour la recherche, 9% pour l’armement, 3% pour l’industrie et 1% pour le médical. Le projet de gestion des déchets les plus radioactifs a été baptisé CIGEO. Le chiffrage révélé le 11 janvier porte à la fois sur les études, la construction d’installations, leur maintenance et leur possible fermeture. Une enveloppe que l’Andra évalue entre 20 et 30 milliards d’euros peut-être plus. Le financement se partagera entre tous les intervenants de la filière, soit EDF, le CEA et Areva. Selon la Cour des comptes, la gestion des déchets liée à l’exploitation totale d’un réacteur représenterait entre 1 à 2% de son coût total.

Le parti écologiste EELV s’est vivement ému de cette prévision en évoquant un coût « faramineux » de 35 milliards d’euros soit le haut d’une fourchette qui divise les experts. Pour le parti d’Emmanuelle Cosse « Le masque n’en finit plus de tomber sur le coût réel du nucléaire« , décrétant qu’il « est temps d’en finir avec cette énergie chère et dangereuse pour engager une transition énergétique fortement créatrice d’emplois, reposant notamment sur les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables« .

Le projet d’enfouissement à Bure dans la Meuse est inscrit pour 2020, date de démarrage des travaux. L’évaluation financière, explique l’Andra, est « délicate » en raison des nombreux paramètres qui peuvent varier sur une échelle de 100 ans, comme le coût du travail, l’impact de la fiscalité ou encore les probables avancées technologiques d’optimisation qui interviendront tout au long de plusieurs décennies. La marge d’erreur, très significative, serait de l’ordre de 30% en l’état actuel des connaissances.

Les réserves mondiales d’uranium (prouvées, probables, possibles) couvriraient les besoins pour 100 ans sauf que la demande allant s’accroissant, ce chiffre pourrait être divisé par deux. Sur d’aussi lointaines échéances le conditionnel s’impose autant que pour le pétrole. Les déchets de haute activité (HA) ont quant à eux une durée de vie très très longue (en milliers d’années). Spéculer sur la gestion de leur décroissance en 2016, est quelque peu dérisoire, bien que tout à fait nécessaire.

PHB

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