En trottinette électrique, avec ou sans Paulette

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Compteur de trottinette électrique. Photo: PHB/JDCDifficile à croire mais, en ces temps archi-réglementaires voire disciplinaires, la trottinette électrique ne tombe sous aucun autre coup législatif que celui de la bienséance. Bien qu’il se déplace à près de 25 kilomètres par heure, cet engin léger tout à fait aimable avec le climat est au choix un simple ustensile permettant de se déplacer ou même, dans certains cas, catalogué comme simple jouet. Vite, un essai.

Rendez-vous est pris avec la boutique « Les cyclistes branchés » au 47 avenue de Versailles à Paris, avec le parrainage bienveillant de l’enseigne toulousaine « Mobility Urban » qui commercialise ces patinettes modernes.

Et là tout commence par un interview avec le client, ce qui pour un journaliste est un peu le monde à l’envers. Quel poids faites-vous, quels trajets envisagez-vous, avez-vous l’intention de prendre le métro avec, à quel étage habitez-vous.

Que ce soit une femme en ayant assez de subir des désagréments divers dans le métro ou un cadre lassé des embûches destinées à le faire abandonner son automobile, le vendeur sait presque à l’avance ce vers quoi son client se destine, soit le modèle le plus léger et de surcroît pliant.

Pour une somme oscillant entre 800 et 1000 euros, selon qu’elle est par exemple équipée d’un régulateur de vitesse ou d’une autonomie allant jusqu’à 30 kilomètres, la trottinette s’offre à vous. Au milieu de la conversation, un client intervient pour déclarer que ce mode de transport lui a changé la vie et qu’il s’apprête même à en offrir une à son épouse.

Avant de partir il faut donc savoir que la trottinette est encore un ovni réglementaire. Non homologuée en tant que véhicule, il est théoriquement interdit à son pilote d’aller ailleurs que sur les trottoirs, la chaussée et les pistes cyclables n’étant dans l’absolu pas autorisés. Dans la pratique c’est tout autre chose, allez, c’est parti.

Le compteur et les deux manettes de contrôle. Photo: PHB/JDC

Le compteur et les deux manettes de contrôle. Photo: PHB/JDC

Le guidon comporte deux poussettes manuelles. Une qui permet d’accélérer jusqu’à la vitesse affolante et vite atteinte de 25 kilomètres heure, l’autre, à gauche, permet de décélérer en actionnant le frein moteur ce qui, au passage, recharge la batterie. En cas d’urgence on peut aussi, comme sur les trottinettes sans moteur, compléter le ralentissement en appuyant sur l’enjoliveur arrière qui freine alors la petite roue.

Au bout d’un instant de réflexion, on enclenche le moteur et l’engin vous emporte avec une facilité déconcertante. L’absence de suspension fait que chaque saillie même minime de la chaussée vous est retransmise dans le corps. Il a fallu cinq minutes pour aller en gros, de la Maison de la radio jusqu’au boulevard extérieur et ce, par les trottoirs, C’est là que l’on voit les limites de l’exercice car il faut constamment faire attention aux piétons qui, légitimement, ne se doutent pas de la présence d’une torpille humaine derrière eux. Le sens des responsabilités à l’égard d’autrui impose une grande vigilance. Monter et descendre les trottoirs ne pose en revanche aucun problème.

Pour le retour vers le magasin, on emprunte la chaussée et même la voie de bus histoire de voir. Le seul aspect gênant est l’absence de rétroviseur, mais c’est bien sur ce trajet-là que l’on se sent le plus à l’aise sans angoisse pour les amis piétons. L’engin délivre alors sa pleine puissance et l’on est tout à la joie de filer librement, cheveux au vent.

L’on songe chemin faisant aux vélos électriques. Contrairement à des pays comme la Chine ou Israël, la France n’autorise qu’une assistance électrique ce qui oblige à pédaler dans les côtes, si peu que ce soit. Sur la trottinette, on ne connaît pas ce problème, on file avec ou sans Paulette à ses côtés comme le chantait Yves Montand.

Une fois rendu l’engin, la surprise est de tomber dans le métro sur un de ces trentenaires modernes à la barbe soigneusement taillée. Il tient dans les mains le guidon de la trottinette que l’on vient justement d’essayer. Entre la station Belleville et celle de Jourdain, il explique sa conversion. Ses besoins sont de vingt kilomètres par jour et il recharge la batterie de sa nouvelle monture au bureau. Si d’aventure il pleut ou que sa batterie rend ses derniers ampères, aucun problème justement puisqu’elle prend le métro! De toute évidence pour lui, c’est la belle vie.

PHB

Choix de trottinettes électriques aux "Cyclistes branchés", 47 avenue de Versailles. Photo: PHB/JDC

Choix de trottinettes électriques aux « Cyclistes branchés », 47 avenue de Versailles. Photo: PHB/JDC

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2 réflexions au sujet de « En trottinette électrique, avec ou sans Paulette »

  1. merci pour cet article. Contente que vous ayez pu tester et apprécier la Ltrott chez notre partenaire. Concernant le choix de la trottinette, aujourd’hui il en existe un grand nombre pour satisfaire des besoins différents, qui le max d’autonomie, qui la plus légère, qui la plus rapide, ou la plus confort, ….. c’est pourquoi on s’intéresse à comment vous imaginer l’utiliser. meme si on le sait, elle est ensuite utilisée pour mille autres choses tant elle devient indispensable. Pour s’y retrouver, il ne faut pas hésiter à demander conseil , ou … lire nos guides! https://www.mobilityurban.fr/trottinette-electrique/

  2. Vous avez tout dit. Rapide, compacte, légère, la trottinette électrique représente une option très intéressante pour des trajets courts (travail, petites courses, visite chez un(e) ami(e)…). Vivement qu’elle soit enfin homologuée en tant que véhicule afin que les usagers puissent emprunter les pistes cyclables.
    Merci pour l’article !

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