De si rentables déchets

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hhPrès de cinq milliards d’euros, c’est la somme comptabilisée par les douanes pour les déchets français à l’exportation. Sur ce seul secteur, la balance commerciale penche entre notre faveur puisque le solde, soustraction faite des déchets importés, pointe à 2,8 milliards d’euros. C’est aussi une bonne nouvelle car la réutilisation de matière vaut évidemment mieux que de la puiser là où elle se trouve à l’état naturel. Seul hic, car il y en toujours un, c’est le carbone produit lorsque ces déchets quittent la France pour le Maroc ou plus encore la Chine.

Et l’activité est en forte croissance, selon une publication récente du Commissariat général au développement durable (CGDD). De 8,3 millions de tonnes exportées en 1999, nous sommes passés à 14,5 millions de tonnes, soit une hausse enviable de 75%. Dans le même temps les importations ont décliné passant de 7 millions de tonnes à 6,3 millions de tonnes. La France exporte vers 150 pays et importe depuis 120 pays.

Majoritairement il s’agit de déchets d’acier (6,3 millions de tonnes), de papiers-cartons (2,6 millions de tonnes) mais très peu de plastiques (0,4 million de tonnes), cette dernière matière étant la seule à régresser à l’export.

Les matières premières recyclables ont un acronyme de parti politique: MPR. Elles valent de plus en cher avec une hausse de 5,5% par an entre 1999 et 2014 de quoi susciter l’appétit des industriels. Selon la publication du CGDD, leur valeur est néanmoins corrélée au cours des matières premières.

La quantité de MPR exportées vers la Chine a fait un bond logique compte tenu de la croissance exponentielle de ce pays. Elles ont été multipliées par seize en 14 ans. Dans le même ordre d’idées, mais dans une moindre mesure, celles vers l’Inde on fait trois fois la culbute. Ces deux pays réclament surtout des métaux non ferreux, indispensables à la production de haute technologie.

En France, la « culture » du déchet n’a cessé de s’accroître, de s’organiser et de se doter d’infrastructures. En 1996 l’on dénombrait 1450 déchetteries pour 3,6 millions de tonnes de matière spécifique collectées. En 2013 le territoire comptait 5200 déchetteries pour 13 millions de tonnes collectées dont seulement 4 recyclables.

Il y a encore du progrès à faire pour des produits dont personne ne veut, au hasard les eaux toxiques rejetées au large de cassis (Var) ou les déchets nucléaires hautement radioactifs dont on ne connaît pas d’autre issue que le stockage en profondeur. Un jour peut-être rapporteront-ils de l’argent, qui sait.

PHB 

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