Branlantes centrales

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Symbole nucléaire. Illustration: PHB/JDCIl y a trente ans le 28 janvier 1986, la navette Challenger s’éparpillait dans l’espace peu après le décollage, tuant ses sept passagers. On sait aujourd’hui que c’est la faute d’un joint banal, de ceux que l’on utilise pour empêcher notre robinetterie de fuir. Cette information prend tout son sens si l’on s’arrête sur la décision des autorités belges de redémarrer deux réacteurs nucléaires d’un parc national réputé à bout de souffle.

Sans doute que cette fois Europe Ecologie les Verts (EELV), tire la sonnette d’alarme à bon escient. Dans un communiqué l’organisation écologiste affirme notamment que les « certains » réacteurs de Doel et Tihange « arrêtés plusieurs fois au cours de ces dernières années, suscitent une profonde inquiétude par les nombreuses micro-fissures présentes dans ses cuves et les série d’incidents à répétition dont ils font l’objet« . Le premier a été mis en service en 1975 le second en 1985.

Et d’ajouter que selon les experts, « le risque d’accident nucléaire majeur n’est pas à exclure. Situés en plein cœur de l’Europe, toute catastrophe menacerait plusieurs pays limitrophes dont la France« .

Un risque d’accident majeur qui serait pas à exclure? Mais quel que soit l’état d’un réacteur nucléaire, rien n’est à exclure, de l’incident à la catastrophe. Aux Etats-Unis, en 1986, les joints fautifs ayant entraîné l’incendie de Challenger venaient d’un sous-traitant ayant alerté qu’il ne garantissait pas leur fiabilité dans certaines conditions, notamment météorologiques. Mais l’info s’était quelque peu perdue en route, comme le signalait hier midi un historien sur France Info.

Et encore cela ne faisait à l’époque qu’un appareillage à surveiller par des techniciens américains qui ne passent ni pour des poètes ni pour de distraits oisifs. La Belgique, qui compte bien évidemment d’excellents ingénieurs, doit surveiller en permanence deux centrales nucléaires et sept réacteurs, qui font vivre tout un monde de sous-traitants. Ils fournissent plus de cinquante pour cent de l’électricité d’un pays dont l’idée est de sortir du nucléaire, volonté qui illustre bien la dépendance actuelle à cette énergie.

Les accidents majeurs sont inconcevables à l’aune des mesures de sécurité qui entourent les centrales. Et pourtant ça s’est vu même si l’on a bien enregistré que l’Europe n’était comparable ni à la déliquescence de la Russie au moment de Tchernobyl, ni aux risques telluriques du Japon.

Ce sont les statisticiens qu’il faudrait écouter davantage. D’infime à sérieuse, la probabilité existera toujours. Parfois elle ne tient qu’à un simple joint.

PHB

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