Comme un parfum d’eucalyptus

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Agave en bordure de Méditerranée. Photo: PHB/JDCVerra-t-on bientôt des agaves fleurir en bordure du Bois de Boulogne et jusqu’à Calais? Ce serait bien possible si l’on en croit un chercheur de l’INRA cité par le quotidien La Dépêche le 5 février. Selon les constatations de Guillaume Martin qui intervenait devant des étudiants à Villefranche-de-Rouergue, le climat méditerranéen se propagerait vers le nord au rythme de « 20 à 25 kilomètres par an », confirmant en cela des études antérieures.

Si cette tendance se confirmait, cela voudrait dire qu’eucalyptus, agaves et autres oliviers gagneraient Paris d’ici trente ans et Calais pour 2070. Une perspective qui sent bon l’apéritif en terrasse même si cela peut évidemment, comporter des conséquences moins souhaitables, comme au hasard, l’arrivée sur le boulevard des Capucines de scorpions et de moustiques tigres…

Il n’empêche que le rythme de progression impressionne. Selon une étude (Projet Climfourel) à partir de données fournies par Météo France, la France a connu trois phases: un réchauffement « lent » entre 1901 et 1945, une « stagnation avec un léger refroidissement » entre 1945 et 1979 et un réchauffement « rapide très significatif »  entre 1979 et 2009 soit 1,5 degré au total. Dans ce contexte, le niveau de progression fourni par le chercheur de l’Inra dans les pages de La Dépêche serait assez cohérent.

Les activités humaines ont sans doute leur part de responsabilité dans cette affaire sans que l’on sache vraiment quelle est la proportion de variabilité naturelle due à des phénomènes naturelles comme les paramètres solaires, volcaniques ou océaniques. Il y a eu avant la période dite industrielle des périodes froides ou chaudes qui ne devaient rien à la consommation effrénée d’énergies fossiles que nous connaissons actuellement.

Il reste que les observations sont bien là et que les propos, basés sur des observations, tenus par les chercheurs seront vérifiables par des humains déjà nés, sauf si, bien entendu, la prise de conscience des perturbations engendrées par nos sociétés industrielles conduisent à des modifications d’ici-là.

Compte tenu de l’hiver particulièrement doux que connaît notamment le nord de la France, avec une persistance troublante des insectes, l’évocation de l’arrivée de pins parasols sur les bords de Seine prend tout son sens.

En matière climatique, la sensibilité de l’opinion et des médias au réchauffement global est directement indexée au thermomètre accroché sur le perron du domicile. Si des floraisons précoces apparaissent comme en cemoment, les scientifiques sont audibles, si en revanche le mercure se met à tutoyer le zéro à Pâques confirmant ainsi le vieux dicton « Noël au balcon, Pâques aux tisons », la conscience de la nécessité d’agir s’évapore.

Du reste, on ne détecte nulle inquiétude sur le visage des consommateurs qui profitent de la douceur ambiante aux terrasses. Il est même courant d’entendre que le « réchauffement a du bon« . La pédagogie dans ce domaine,  ce n’est pas toujours facile.

LL

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