Le vrai coût de la liberté décarbonée à Paris

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Pass Navigo. Illustration: PHB/JDC

Pass Navigo. Illustration: PHB/JDC

Il y a au moins un progrès social incontestable (et plutôt incontesté) de la mandature actuelle dont les Franciliens ont pu jouir d’emblée, c’est le dézonage du Pass Navigo. Le plaisir ou la nécessité de pouvoir sans cesse aller et venir à coût constant dans un très large périmètre, de Versailles à Fontainebleau en passant par Meaux ou L’Isle-Adam, relève pour les usagers d’un avantage indéniable.
Il  faudrait aussi mesurer l’économie carbone réalisée, pour ceux qui du fait de cette « faveur », ont réduit l’usage de leur automobile. En attendant ce dézonage a un coût, notamment détaillé la Cour des Comptes, dans son rapport public rendu hier.

Lorsque l’usager paye son forfait mensuel, il ne couvre en direct que 30% des dépenses des transporteurs, note la Cour, mais davantage lorsqu’il s’acquitte de ses impôts qui viennent naturellement en renfort de la dépense publique. La précision s’impose. Dans ce domaine les concours publics sont en effet de l’ordre de 20%, la moitié restante échoit aux entreprises. Cependant la Cour juge « modeste » la participation des usagers en le comparant aux grandes villes étrangères (1).

Le Syndicat des transports en Île de France (STIF) relève l’institution, pointe le surcoût de cette mesure à 485 millions d’euros en 2016. Mais ce manque à gagner devrait être en partie compensé compensé par « l’accroissement du versement transport » de la part des employeurs et de la Région soit en partie par le contribuable.

Dans ces conditions la Cour recommande de « réitérer la recommandation, déjà exprimée en 2010, d’accroître la part du coût des transports financée par les voyageurs« . D’une façon ou d’une autre, directement ou indirectement, on peut faire confiance dans ce domaine aux autorités compétentes.

Il n’en reste pas moins que sur le plan climatique, la désintégration des 5 zones est un progrès évident. Là ou le choix du transport en commun pouvait se faire par défaut, il peut désormais s’opérer par raison. L’intelligence a primé.

PHB

 

(1) Le prix d’un ticket de métro à Paris est de 1,80 euro, 2,70 euros à Berlin, 3,50 francs suisses à Genève et entre 2,55 et 3,55 livres à Londres.

 

 

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