Les Verts noyés dans le décor électoral

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graph-participationL’extra-fine bande rouge qui fend à peine ce camembert bleu représente la participation électorale des écologistes par rapport à celle des Républicains qui s’est dessinée le dimanche 20 novembre 2016. Près de quatre millions d’un côté, 17.000 de l’autre, le constat est cruel. Alors que paradoxalement, bien au-delà du problème climatique, l’urgence environnementale n’a jamais été aussi criante.

Sur le plan de la représentation électorale il y a quand même quelques questions à se poser.Le corpus des Verts, même en tenant compte des invités inscrits à la primaire n’atteint pas en nombre la population de Bègles, la ville par ailleurs gouvernée par l’écologiste Noël Mamère. Le résultat de la proposition globale des écologistes est dramatiquement minuscule. La refondation de l’organisation en parti politique crédible est une nécessité par rapport à des enjeux qui ne cessent de croître.

La pollution de l’atmosphère, la surexploitation des ressources naturelles, constituent des problèmes qui font pourtant partie des préoccupations du public. Le parti des Verts, malgré sa légitimité naturelle sur ces sujets, reste confiné dans un corner des plus confidentiels alors qu’il devrait se situer au centre du terrain à côté des grands partis républicains. Bien que ce parti s’exprime par ailleurs sur d’autres sujets comme l’immigration et autres questions de société, force est de constater qu’il est inaudible.

En 1943, un certain Abraham Maslow a synthétisé une réflexion brillante qui s’intitulait « A theory oh human motivation ». En quelques mots, celle-ci démontrait à l’aide d’un graphique pyramidal qu’un discours décalé par rapport à ce qu’attendent les gens, ne peut être correctement perçu. Exploité dans le domaine de la gestion des ressources humaines, cela signifie par exemple qu’il est inutile de proposer à quelqu’un une promotion tandis que sa motivation première est de passer à temps partiel.

Quand François Fillon déclare en substance durant sa campagne, que les « Français ne veulent plus être emmerdés » notamment par une administration « soupçonneuse« , il est reçu cinq sur cinq et ce n’est donc pas un miracle. Son incise n’est en l’occurrence ni de droite ni de gauche, elle parle directement là où se trouve un besoin. N’importe quel parti aurait pu utiliser l’argument, les Verts inclus.

Déterminer ce qu’attendent les gens, y compris sur les questions écologiques, pourrait grandement aider les Verts à sortir de la nasse. Quand Ségolène Royal déclarait qu’elle ne croyait pas à l’écologie « punitive », elle ne faisait pas autre chose. C’est aussi ce qu’avait compris Lao Tseu, il y a environ vingt-cinq siècles.

PHB

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