Démographie, climat et libertés

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On sait depuis l’année dernière qu’arithmétiquement la population actuelle pourrait se tenir (serrée) sur le seul territoire de la Guadeloupe. En 2050 ce sera moins évident puisque sauf catastrophe de type chute ravageuse d’astéroïde, nous serons près de 10 milliards à cette échéance contre 7,5 milliards aujourd’hui. Or le paramètre démographique est un élément-clé de l’évolution climatique. Les études pointent bien davantage l’influence de l’activité humaine sur le climat que le rôle de la progression de son volume. C’est pourtant une évidence…

… qui ressort d’autant mieux à la lecture d’une excellente grille de lecture publiée par le site non moins recommandable « The Conversation ». Sans aucune espèce d’intention polémique l’expert Gilles Pison dresse un état des lieux de la situation démographique mondiale tout en proposant différents scénarios d’évolution. Si l’on part du principe -déjà décrit dans Le Journal du Climat- qui érige en évidence qu’il fait plus chaud dans une pièce rempli d’individus mobiles que dans le même local vide, cette étude factuelle prend tout son sens.

D’un milliard en 1800 à 7,5 milliards en 2017, la croissance est aujourd’hui exponentielle en raison d’un excédent des naissances sur les décès. C’est en continuant sur son élan, à données constantes, que la population mondiale devrait rejoindre la barre des 10 d’ici une trentaine d’années. Le principal foyer d’accroissement selon Gilles Pison se situe en Afrique où la population devrait passer de un milliard actuellement à 2,5 en 2050 et 4 milliards en 2100. L’expert souligne que les données actuelles ne devraient pas varier d’ici 2050 puisque la plupart des habitants de ce futur proche sont déjà nés. Même si le taux de naissance par couple s’ajustait à 1,6 ajoute-t-il (comme en Europe ou Chine), la projection de croissance resterait la même pendant plusieurs décennies.

Il semblerait que l’humanité s’oriente lentement, au-delà des cinquante prochaines années, sur un taux de deux naissances par couple ce qui permettrait de penser selon l’auteur, qu’un certain équilibre finira par être atteint. Mais « l’inertie démographique » insiste-t-il, fait que l’on « n’échappera pas à un surcroît de 2 à 3 milliards d’habitants d’ici 2050 ». Avec ce que cela suppose en besoins fondamentaux entre nourriture et énergie.

Cette évolution inexorable, sauf répétons-le événement catastrophique qui viendrait rompre la projection, est donc une donnée essentielle dans la prise en compte des problèmes climatiques. Dans sa conclusion Gilles Pison suggère que c’est moins le nombre d’habitants qui doit être pris en compte que le mode de vie.
Là réside un danger démocratique (et non démographique) que l’on n’a pas encore assez repéré mais dont les prémices existent pourtant. Faudra-t-il en effet imposer de nouvelles règles de vie ou simplement en suggérer l’adoption. Là aussi il y aura un modèle d’équilibre à trouver si l’on veut préserver les libertés publiques toujours mises à mal dans les économies administrées.

PHB

Voir l’étude complète publiée dans « The Conversation »

Du rôle de l’activité humaine sur le réchauffement atmosphérique dans « Le Journal du Climat »

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